CHAPITRE XIII
La première oasis se trouvait à peu de distance d’une mine vangkane abandonnée. Elle s’épanouissait autour de deux lacs de la couleur des yeux de Lorin, abreuvés par une source claire giclant du roc. Une demi-heure était nécessaire pour la franchir de part en part, à travers un sous-bois de pins-fougères, de volks et de dourlos maigrichons. Les crabes citernes furent immergés dans le premier plan d’eau, afin d’imbiber le lichen bleu qui commençait à virer au noir. Le lac, peu profond et guère plus grand qu’un étang, s’entourait d’une couronne de tumulus ratatinés. Lorin s’aperçut qu’il s’agissait de champignons fossilisés, sans doute la première colonie végétale issue de baudruches à la dérive. Les volks avaient suivi le même chemin.
— La moitié du désert est largement derrière nous, annonça le conducteur de la caravane. Mais cela ne nous met pas à l’abri des attaques des naufrageurs.
Lorin essaya de s’informer sur ces naufrageurs, mais les caravaniers refusèrent d’évoquer le sujet. Dépité, il décida de profiter du reste de la journée pour aller jusqu’à la mine vangkane, à une heure de marche d’après le prêtre. Tant pis pour le sermon.
Il partit dans la direction approximative de la mine. De la poussière de roche arrachée par le vent, aussi légère que de la poudre, s’accumulait en vaguelettes figées mais impalpables. Il parcourut une lieue. Puis, sans crier gare, le terrain s’effondra, plongeant au fond d’une fosse d’un mille de diamètre. Lorin s’accroupit au bord et courba la tête.
Les parois de la blessure démesurée, tapissées d’un lichen rêche et sombre, s’incurvaient en une dépression de mille pieds de profondeur. Le fond de gravats concassés paraissait stérile.
Ce n’est qu’à la dernière seconde qu’il perçut l’ombre noire glissant au-dessus de lui. Il se tourna et eut un mouvement instinctif.
— Dino ! Tu m’as fait peur, je ne t’ai pas entendu arriver. C’est l’ombre d’un de tes corbeaux qui m’a averti. Nous aurions pu faire route ensemble.
La barbe de l’oiseleur ne camoufla qu’en partie un rictus de contrariété.
— Tu paraissais plongé dans tes ruminations, j’ai pensé que tu ne voulais pas être dérangé. Si tu m’avais parlé avant, je t’aurais dissuadé de venir à la mine cuprifère. Il n’y a aucun chemin pour se rendre jusqu’en bas. Quand la carrière a fermé, toutes les installations d’accès et de transport de minerai ont été démontées. Il n’est pas recommandé de rester trop longtemps dans les parages. Les Vangkanas ont creusé cette fosse à l’aide d’une seule bombe ; les effets du feu long se font ressentir sur les êtres vivants. Cela pourrit les sangs et charge la sève d’humeurs malignes. Il n’y a que le lichen qui s’en accommode, parce qu’il n’a pas de sève.
Lorin secoua la tête dans un sourire triste.
— Le climat de la caravane commençait à me peser. Je ne comprends pas pourquoi Soheil est fâchée contre moi. Je ne l’ai pas agressée, pourtant il me semble qu’on ne cesse de s’éloigner l’un de l’autre, comme si nous nous étions chacun engagés dans une voie différente sans nous en rendre compte.
— Soheil n’a plus rien à voir avec toi. Elle m’accompagne désormais.
Dino souriait à travers sa barbe, mais ses poings étaient serrés. Lorin se releva. Le sol vacilla un instant. Il déglutit une salive amère.
— Si tu dis vrai, je… Je l’entendrai de sa bouche, ce soir.
Il repartit vers l’oasis sans attendre l’oiseleur. Puis, jusqu’à la tombée de la nuit, il aida des enfants à ramasser des branchages dans les sous-bois. Cette besogne empêchait ses pensées de le dévorer. Des chasseurs étaient partis à la rencontre d’un groupe d’oiseaux-vaches repéré quelques heures plus tôt.
Dès que le feu crépita, le prêtre lança le cri d’appel, et tous les jeunes se rassemblèrent.
Quand Lorin aperçut Soheil et Dino discutant ensemble, son cœur se crispa. Un jeune nomade lui tendit un grand plat d’écaille où fumait de la viande, mais Lorin se sentit incapable d’avaler quoi que ce soit, et il passa le plat sans prendre de portion.
À sa vue, la jeune fille alla s’asseoir de l’autre côté du foyer. Brusquement, Lorin en eut assez. Il s’approcha et s’assit à ses côtés.
— Attends une seconde avant de me fuir à nouveau. Dino a dû te parler à mon sujet. Je sais qu’il te convoite, bien que cela ne me plaise pas beaucoup.
— Qu’est-ce que ça peut te faire ? riposta Soheil, le visage rouge. Puisque tu acceptes les offres de n’importe quelle grue.
Ce fut au tour de Lorin de s’empourprer.
— Au nom de quoi te permets-tu de me juger ? Depuis un mois, tu me traites en ennemi. J’ai voulu en atténuer l’importance, voilà tout. D’ailleurs…
Il se tut. L’espace d’une seconde, il avait failli céder au besoin de lui raconter ce qui s’était passé ensuite, avec la nomade.
Il ne l’avait pas vue lui sourire depuis des semaines. C’est pourtant ce qu’elle fit.
— Je suis au courant.
— Comment cela ?
— Les filles sont incapables de tenir leur langue, sur ce genre de chose.
Quelqu’un jeta des branchages dans le feu, qui les éclaira plus brillamment. Lorin défit la ceinture qui entourait sa taille, et en noua le bout à son poignet. Soheil l’imita avec l’autre extrémité.
— Depuis combien de temps sais-tu ? s’étonna enfin le garçon.
— Quelques heures. La rouquine – le diable emporte cet oiseau-vache ! – a un faible pour toi. Elle a cru me blesser, mais elle mentait si mal que je n’ai eu aucune peine à lui soutirer la vérité.
Lorin se gratta la tête, perplexe.
— Quand bien même, ça n’aurait rien changé à…
Elle le fit taire d’une tape sur le nez.
— Cela m’aurait fait de la peine, même si tu ne l’admets pas. Je respecte ta façon de penser, bien qu’elle m’échappe la plupart du temps. Tâche de comprendre la mienne.
Lorin acquiesça. Un cordon entravait son poignet, mais il se sentait libéré, comme au terme d’une longue attente.
Il prit sa main, et ils quittèrent le camp pour la nuit.
*
Le hâle de Lorin avait foncé. Chaque nuit, depuis un mois, il dormait avec Soheil et en tirait une grande joie. Ils parlaient encore timidement, ne se livrant que par petits bouts. Le pêcheur de fer sentait que des pans entiers de la personnalité de sa compagne lui échappaient. Il s’en accommodait, comme il s’était fait à la nourriture nomade, à la chaleur obsédante et à l’écœurant parfum des crabes.
À la réunion du soir, il lui arrivait de sentir son épaule brûler sous un regard haineux. Mais quand il se retournait, il n’y avait plus personne.
Soheil avait évoqué le problème de la fin du voyage qui approchait. La volonté de Lorin n’avait pas faibli.
— Ce besoin de savoir ce qu’est devenu mon clan est une soif ardente, une soif qui ne peut être trompée que par la faim.
— De quelle faim parles-tu ?
Lorin se contentait de l’embrasser, se disant que sa réaction la choquait probablement. Il cachait son malaise. Elle devrait s’intégrer au clan. Or elle était Escopalienne, et il ne pouvait pas lui demander de renoncer à ses croyances sous prétexte de le suivre. L’idée qu’elle ne puisse s’en défaire le taraudait et gâtait ses moments de bien-être, aussi s’efforçait-il de ne pas y penser.
La côte orientale approchait. Les jeunes parlaient avec plus de vivacité, les vieux s’extorquaient des souvenirs de la saison précédente. Les oasis se faisaient plus nombreuses ; on ne s’y arrêtait plus.
Dino se renfermait sur lui-même, comme une huître assiégée. Il ne participait plus aux veillées, restait silencieux toute la journée. Pourtant, aucun de ses oiseaux n’avait péri, ce qui n’avait pas toujours été le cas au terme de voyages antérieurs. Le chef se demandait si un démon n’avait pas élu domicile dans sa poitrine, lui viciant le sang. Des rumeurs circulaient. Le nom de Soheil revint sur les lèvres.
Lorin ne s’inquiéta pas outre mesure. L’arrivée était proche, chacun repartirait bientôt dans la voie qui lui était tracée. Et le souvenir de la traversée ne lui apparaîtrait plus que comme un songe fantastique et agréable.
Dans les deux cas, il avait tort.
Le lendemain, le chef du clan nomade annonça son intention de s’arrêter dans la prochaine oasis. Murmures d’incompréhension.
— Le marchand d’oiseaux Dino a fait une requête, à laquelle j’ai accédé. Il demande raison à Lorin, pour duperie. Une cabane de défi sera dressée.
Nouveaux murmures.
— La prochaine oasis sera en vue en fin d’après-midi.
Lorin haussa les épaules. En son for intérieur, il se demandait si l’affrontement était inévitable. La réaction de l’oiseleur lui paraissait disproportionnée. Pourquoi avait-il attendu tout ce temps ?
Comme il cherchait Soheil pour la mettre au courant, la fille rousse, qu’il n’avait vu que de loin depuis un mois, vint à sa rencontre. Un sourire filtrait d’entre ses lèvres, mince comme une langue de fel.
— Tu n’as pas l’air au courant de ce que c’est qu’une cabane de défi.
Lorin secoua la tête.
— C’est ainsi que l’on règle les différents. Les combattants sont attachés au poignet par une cordelette, comme des amoureux. On les introduit dans une cabane scellée avec de la boue, de manière à ce qu’aucun rayon de soleil ne vous éclaire : il ne faut pas que Fraad ou Lossheb voient des hommes se battre sous leur lumière, pour des motifs aussi peu nobles que la colère ou la jalousie. Vous lutterez dans l’obscurité. Le premier à être blessé, ou à trancher la cordelette, a perdu.
« Des motifs de jalousie. » L’illumination frappa Lorin. Dino avait peut-être espéré récupérer Soheil avant la fin du voyage. Cela ne s’était pas produit. En désespoir de cause, il avait provoqué son rival en duel. Lorin n’avait pas de haine contre lui. Il ne parvenait qu’à le plaindre.
Il n’eut pas le courage d’en parler avec Soheil. Mieux valait la laisser en dehors de tout cela.
Deux heures plus tard, une oasis ébouriffa l’horizon. Un crabe-jardin se détacha du convoi, portant les adversaires, le prêtre masqué et les constructeurs de hutte. Lorin essaya d’engager la conversation avec Dino, dans l’espoir de le faire changer d’avis.
— Qu’as-tu à gagner dans cette affaire ? Si tu parviens à me vaincre, tu n’obtiendras que le ressentiment de Soheil.
Le visage de l’oiseleur n’était qu’un masque de pierre.
— Cela me suffirait.
Lorin le contempla, horrifié. Comment en avait-il pu arriver là ? Tout n’était que souffrance en cet homme. Et c’était lui, Lorin, qui en était à l’origine ?
Il avait conscience de raisonner pour oublier la peur qui lui nouait le ventre. Quels que fussent les motifs de Dino, celui-ci allait tenter de lui passer une lame à travers le corps. Sa haine ne se satisferait pas d’une blessure.
Le crabe s’arrêta à l’orée de l’oasis. Les hommes s’engagèrent dans un sous-bois de volks et de piliers de champignons fossiles. Lorin marchait d’un pas mécanique, avec l’impression que la moelle avait caillé dans ses os.
« C’est là. » Une cabane ronde, de six pas de large, fut érigée en une heure. Le prêtre s’assura qu’aucun rayon de soleil ne perçait la voûte de branchages. Puis il lia solidement les adversaires au-dessus du poignet. Lorin avait sa hachette ; Dino, un long couteau à bords tranchants.
Avant d’entrer dans la hutte, Lorin grava son image dans sa mémoire. Il devait se souvenir de sa taille exacte – un peu plus petit que lui, mais plus trapu ; des jambes courtes, des bras massifs.
Dès que l’ouverture fut hermétiquement close, Lorin se rejeta en arrière. Un mur de branchage bruissa dans son dos. L’obscurité était si totale qu’il ne voyait pas la hachette qu’il brandissait devant lui.
Une voix ricanante s’éleva.
— Je sais où tu es ! À force d’écouter les oiseaux, mon oreille est devenue si fine que tu ne peux pas me tromper. Ta respiration est un souffle de forge pour moi. Je vais te saigner !
La cordelette bougea à son poignet. Lorin fit un pas de côté, sentit un déplacement d’air sur la gauche. Sa hachette décrivit un moulinet à l’aveuglette, rencontra du plat de la lame une forme qui s’esquiva.
— Raté !
Lorin fut tenté de lancer sa hachette dans la direction approximative de la voix. Se ravisant au dernier moment : ce faisant, il se désarmerait.
Il enroula la corde autour de son poignet, la tendant lentement.
— Tu veux mourir plus tôt ? Pourquoi tu ne réponds pas ?
La corde était tendue, désignant l’emplacement de son adversaire. La réciproque était vraie. Retenant son souffle, Lorin étira le bras lié à la cordelette, afin de l’écarter de lui. Puis il donna un coup bref.
Dino crut à une attaque. Il se fendit. Son couteau sabra le néant, manquant Lorin de moins d’un pouce. Celui-ci abattit sa hachette.
L’arme rencontra un obstacle, à la base de la lame. Une masse s’effondra, essaya de rouler hors de portée. Lorin s’apprêta à frapper de nouveau.
Une clameur, à l’extérieur :
— Arrêtez, la caravane est attaquée !
Lorin suspendit son geste. Un instant plus tard, des pans de branchage furent arrachés. Lorin cligna des paupières.
— Les naufrageurs ! Il faut partir tout de suite !
L’un des nomades trancha la cordelette au ras de son poignet. Un autre alla ramasser Dino. La hache lui avait ouvert l’omoplate, détrempant son vêtement de sang. Il se laissa porter, amorphe, vers le crabe cliquetant des pattes.
Tout d’abord, Lorin n’aperçut qu’un nuage bas, à un mille environ, qui glissait sans hâte au-dessus du désert, en soulevant une colonne de poussière de roche.
Il aida à étendre le corps gémissant de Dino sur le dos du crabe, qui partit en trombe.
Durant le trajet, Lorin ne pensa qu’à se cramponner. C’était la première fois qu’il se trouvait sur un crabe-jardin au galop. Et la dernière, espéra-t-il.
Soheil l’accueillit au saut du crabe. Ses yeux flamboyaient.
— Imbécile de pêcheur de fer ! Pourquoi n’as-tu rien dit ? J’aurais arrangé cela ! J’étais morte d’inquiétude.
— Pas le temps, coupa-t-il. Tu ne vois pas que la caravane est en ébullition ? Ceux que les nomades appellent les naufrageurs, ont dû nous devancer en suivant la voie ferrée vangkane. Ce que j’ai cru être une nuée, tout à l’heure, est une concentration de pirates. Falouk est peut-être avec eux.
Les crabes avaient été regroupés. Des nomades couraient en tout sens, chargés d’objets. Des bébés contaminés par l’atmosphère de panique hurlaient.
Lorin considéra avec stupéfaction les guerriers disposés autour de la caravane. Des boisseaux de lances s’entassaient à leurs pieds.
— C’est tout ce qu’ils comptent faire ? Attendre que les pirates nous abordent, et leur lancer des javelots ?
Ils se rendirent au crabe volière. Deux adolescents, que Lorin et Soheil connaissaient pour les avoir côtoyés aux sermons, tiraient l’homme barbu à l’intérieur de la cage.
— On devrait s’enfermer là-dedans, ricana l’un d’eux, du nom de Maelec. Peut-être que les naufrageurs oublieront d’y regarder.
— Ce sont ses deux corbeaux, je ne sais plus leur nom, qui nous ont avertis de l’approche des naufrageurs par leurs croassements. Ensuite, ils se sont enfuis.
Lorin était atterré. Les nomades ne semblaient pas prêts à tenter quoi que ce fût pour gagner du temps, ni même à s’enfuir. Ils se battraient, mais ils acceptaient leur sort.
— De quelle façon s’y prennent-ils ? demandait Soheil.
Ce fut Maelec qui répondit.
— Ils nous survolent, et puis ils lancent des harpons. Ils les utilisent comme des hameçons sur les crabes-jardins. Ensuite, ils les traînent jusqu’à ce qu’ils se retournent. Les crabes n’y survivent pas, parce que leurs cœurs, ils en ont trois, ne sont pas faits pour battre à l’envers. Il faut espérer qu’ils en épargnent suffisamment, pour reconstituer la caravane.
— Est-ce qu’il n’est pas possible de trancher les câbles des harpons ? ou de leur lancer des javelots barbelés reliés à des rochers, qui serviraient d’ancres ? Cela les immobiliserait.
L’autre le regarda sans comprendre.
— Nous faisons ce qui a toujours été fait. Pourquoi cela changerait-il ?
Lorin faillit rétorquer : « Parce qu’il en va de vos vies », mais il se tut. L’essaim allait les survoler dans quelques minutes. Des harpons pleuvraient, des javelots voleraient. Beaucoup d’hommes, de femmes et de crabes-jardins mourraient. Leur labyrinthe à eux n’avait pas de sortie.
Sa décision était prise : il quitterait la caravane.
Les baudruches ennemies plafonnaient à une vingtaine de mètres. Certaines s’abaissaient, tandis que d’autres s’élevaient beaucoup plus haut : les pirates transféraient, par un système de cordes et de poulies, leurs contrepoids pour la première vague d’assaut. Elles étaient en train de se resserrer, et déjà, les silhouettes des équipages se distinguaient.
Les deux adolescents avaient fini par partir. Lorin se tourna vers la jeune fille pour lui faire part de son projet.
— D’accord pour fuir ce guêpier, répondit-elle. Mais que sais-tu de la conduite des crabes-jardins ?
Il avait vu procéder des adultes, qui titillaient avec une longue aiguille à bout rond des trous percés dans la carapace, à divers endroits de la calotte crânienne, guère plus large que celle d’un homme.
Le ciel s’obscurcit d’un coup, comme si Fraad et Lossheb avaient détourné leur regard de ce qui allait suivre. Avant même de lever les yeux, Lorin avait deviné qu’il n’aurait pas le temps de mettre son plan à exécution.
Les pirates fondaient sur eux.
Il n’eut aucune peine à reconnaître, parmi la vague d’assaut aérien, le radeau de Falouk.
Et, sous le radeau, Diourk, identifiable à la tunique et au rouleau de parchemin attaché autour du cou du cadavre pourrissant, se balançant ainsi qu’une ancre au bout d’un câble.